L’artiste conçoit la peinture comme un espace de réception ouvert, les couleurs invitent au dialogue et impliquent le spectateur de manière suggestive. Les thèmes, qui tiennent à la fois du souvenir vécu et de la fiction, s’inscrivent dans une veine figurative transcendante, où du réel postulé n’est retenue que la quintessence traduite sensations et vibrations. Ainsi en est-il, à titre d’exemple, de la Place Jamâa El Fna populeuse à l’heure du coucher, avec un personnage surdimensionné, guitare sur l’épaule et qui semble marcher sur la tête des gens, en porte les empreintes. De même celle représentant de dos un enfant, d’un jaune orangé, sur un fond gris bleuté. D’autres toiles parlent à peu près le même langage chromatique, avec cette différence que le thème parfois varie et avec lui ses composantes idéelles, telle cette toile où l’artiste fait allusion à l’écologie en focalisant sur la germination des plantes, leur vie et leurs ramifications souterraines…
On pourrait qualifier l’approche globale de Ghany de peintures combinées. On y retrouve des éléments traditionnels du tableau figuratif auxquels s’ajoutent des formes/objets réformés, vers lesquels migre la couleur de façon tangible.
Certes, Ghany ne se consacre pas exclusivement à la forme ni à la technique. Son art dispense à n’en pas douter une bonne dose émotionnelle qui frise l’euphorie, et ce par l’aspect scénique et la qualité de la lumière qui le distingue, et par sa force évocatrice, celle d’un affect qui nous interpelle.
Abderrahman Benhamza


